[Paroles de militant] Christophe Gache (MRC): « La nation et la patrie ne sont pas l’apanage de l’extrême droite »

Militant du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) du Gard, Christophe Gache œuvre au quotidien pour promouvoir le concept de souverainisme de gauche. Une défense sereine mais ferme de la patrie et de l’indépendance de la France dans un monde globalisé. Avenir du souverainisme, Union européenne, euro, RIC, culte de l’Argent-roi, France insoumise, Gilets jaunes, institutions : entretien-fleuve avec un homme engagé qui ne mâche pas ses mots.

Propos recueillis par Ella Micheletti.


Voix de l’Hexagone : Vous êtes premier secrétaire du MRC pour la 4e circonscription du Gard. Comment en êtes-vous venu à vous engager en politique et plus particulièrement au MRC ?

Christophe Gache est revenu du Québec persuadé de la pertinence d’un souverainisme de gauche.

Christophe Gache : Depuis 1997, j’étais sympathisant des idées de Jean-Pierre Chevènement lorsqu’il était ministre de l’Intérieur et j’en étais resté à ce côté sympathisant. En 2010, j’ai eu un déclic et j’ai eu envie de m’engager. Donc j’ai rejoint le MRC du Gard. En 2013, j’ai été nommé premier secrétaire dans le Gard, après trois ans de militantisme de base. En 2014, avec un ami, nous avons monté une liste dans mon village, Cruviers-Lascours. La liste est sortie, je n’ai pas été élu car nouvellement arrivé dans le village, je n’étais pas connu des habitants mais mon ami a été l’un des seuls maires de France en fauteuil roulant. J’ai vu aussi le côté dur de la politique car après 18 mois de mandat, mon ami a été plus ou moins poussé à la démission car dans la politique en milieu rural, on sort les couteaux.

Au niveau du militantisme, j’ai fait valoir des valeurs de souverainisme de gauche. Car entre 1997 et 2010, j’ai vécu au Québec et j’ai pu rencontrer des gens comme Jacques Parizeau (ancien Premier ministre québécois) et j’ai vu que le souverainisme de gauche était aussi une force de gouvernement avec des idées progressistes et une certaine idée de la nation, de la patrie, qui ne sont pas l’apanage de la droite et de l’extrême droite.

VdH : Nation, patrie, sont des mots qu’on utilise peu à gauche. Or, vos deux années passées au Québec vous ont révélé qu’un souverainisme de gauche était possible et que ce concept n’était pas un gros mot…

C.G. : De manière plus récente, Jean-Luc Mélenchon, vers la fin de sa campagne de la présidentielle de 2017, a fait sortir des drapeaux bleu, blanc, rouge. Je veux juste rappeler qu’en 1992, lorsqu’on était contre Maastricht, le Mouvement des citoyens [ancêtre du MRC, NDLR] a été le seul parti de gauche à aller chercher le drapeau dans le caniveau. Car il était l’apanage de la droite et l’extrême droite. Tout cela a été galvaudé. Le FN s’est approprié le drapeau et à gauche, peu de choses ont été faites. La notion de souverainisme de gauche est brocardée dans l’opinion et dans les médias. Mais je vois tout de même qu’il y a un travail, d’un point de vue intellectuel, qui est en train de renaître avec des auteurs et essayistes comme Coralie Delaume, Natacha Polony ou Jacques Sapir, qui est un grand économiste. Il y a aussi des gens dont je me sens proche comme Michel Onfray qui pointe du doigt le fait que depuis 1983, c’est le libéralisme qui gouverne la France, l’Europe et le monde.

« Je vois tout de même qu’il y a un travail, d’un point de vue intellectuel, qui est en train de renaître car il y a des auteurs et essayistes, comme Coralie Delaume, Natacha Polony ou Jacques Sapir »

Le souverainisme de gauche – j’insiste sur cette expression – ce n’est pas le nationalisme, c’est le patriotisme. Je pense que ces notions sont un peu comme amour et haine. Elles peuvent être proches et distinctes à la fois. Il y a un gros travail à faire sur l’opinion et le Québec nous a montré la voie avec ce souverainisme de gauche progressiste, qui n’exclut pas, qui est rassembleur et qui est fier de ses origines, fier de sa culture, de son patrimoine.

VdH : Le MRC est l’un des seuls partis à gauche à soutenir un souverainisme de gauche en France ; toutefois, il souffre d’une absence de visibilité dans le paysage politique actuel et il peine à faire entendre sa voix entre LFI sur sa gauche et les partis libéraux sur sa droite. Quelle stratégie employer pour remédier à une telle situation selon vous ? Croyez-vous encore à une union des souverainistes ?

C.G. : C’est une très bonne question. Oui, il y a des gens qui ont été exclus de LFI comme Djordje Kuzmanovic et François Cocq et effectivement, les choses sont beaucoup plus larges que ça. L’union est possible même si c’est très compliqué car il faut avoir des relais d’opinions. Jusqu’où ? De mon point de vue, je ne pense pas qu’on puisse faire des choses avec Florian Philippot car il y a encore cette séparation entre patriotisme et nationalisme. D’autres mouvances à gauche mettent en avant le « Frexit ». Preuve que ce n’est pas juste la marque de fabrique de l’UPR.

Des sacrifices et des efforts dans le travail, nos aînés en ont assez fait
Il ne faut pas laisser gagner ceux qui nous traitent avec condescendance
A nous de conserver notre modèle social pour notre descendance
Nous valons bien mieux que ce monde qui adule la finance mondialisée
(Générations et Solidarité, Christophe Gache)

Encore une fois, quand Jean-Luc Mélenchon a fait sortir les drapeaux à Marseille, s’il n’y avait pas eu les bandeaux en bas des écrans télé, certaines personnes – je dis bien certaines personnes – auraient pu croire que c’était un meeting de Marine Le Pen. Beaucoup de chemin reste à parcourir mais certains pays ont montré la voie. Le problème numéro 1, c’est la construction européenne, qui n’est pas partie dans le bon sens. L’élément central de notre souverainisme, c’est la construction d’une Europe confédérale.

VdH : La question de la souveraineté de la France est aussi intimement liée à celle de l’UE. Sur ce sujet, jusqu’où le MRC est-il prêt à aller ? Est-il partisan d’une position réformiste ou radicale (« Frexit » et sortie de l’euro) ?

C.G. : Je prends un postulat qui est le suivant : un pays qui ne contrôle pas sa monnaie ne contrôle pas son économie. J’en arrive à la conclusion qu’il ne faudrait pas une monnaie unique mais une monnaie commune afin de permettre à des Etats comme la Grèce, l’Italie, le Portugal et pourquoi pas la France d’influer plus efficacement sur l’économie. La monnaie commune resterait l’euro et cohabiterait avec une monnaie nationale qui procurerait un levier supplémentaire sur l’économie. Car, encore une fois, l’économie française est pieds et mains liés aux décisions de la BCE. Le gouvernement français n’a aucune marge de manœuvre. En Grèce, ils paient encore le prix d’un passage de la drachme à l’euro qui a été totalement manipulé, des études montrent que des comptes ont été falsifiés en termes de recettes publiques, de PIB. On a un pays qui a été mal préparé. S’il y’avait eu une monnaie commune et non unique, les Grecs auraient pu relancer certains processus économiques internes ; or, c’est l’Allemagne et de la BCE qui décident de tout.

« Il ne faudrait pas une monnaie unique mais une monnaie commune, qui puisse cohabiter avec une monnaie nationale et qui permettrait d’avoir un levier supplémentaire sur l’économie. Car l’économie française est pieds et mains liés aux décisions de la BCE »

Chaque mois, 80 milliards d’euros sont donnés aux banques pour financer l’économie européenne. La question européenne a pris un mauvais départ. Les souverainistes de gauche sont pour l’amitié et la fraternité entre pays européens mais pas pour des lois supranationales et des institutions type UE qui prennent des décisions à la place des peuples. C’est très dangereux pour la démocratie. Les peuples européens ne peuvent plus décider de leur vie de tous les jours. Le problème, c’est la Commission européenne. On devrait se contenter d’une Europe confédérale avec des conseils des chefs d’Etats et des ministres des Affaires étrangères. Les multinationales dictent aux peuples ce qu’ils doivent faire car elles font la loi au Parlement européen. Il y a un problème de démocratie et de représentativité. Ce modèle de confédération est sciemment caché. Je pense que tous les peuples européens vivraient mieux, avec des Etats-Nation où ils seraient libres et souverains. Emmanuel Macron a été le candidat de l’UE et des lobbies.

« Les multinationales dictent aux peuples ce qu’ils doivent faire car elles font la loi au Parlement européen »

VdH : Les élections européennes approchent. Les médias et les politiques tendent de plus en plus à redessiner le même schéma qu’au second tour de la présidentielle française, entre le « rempart » LREM face au seul FN. Comment contrer cette fatalité ? Le MRC compte-t-il participer à une liste ?

C.G. : Depuis longtemps tout est fait pour qu’un duel Macron-Le Pen soit remis au goût du jour. Ça a été fait pour la campagne présidentielle et ça va être à nouveau le cas pour les élections européennes. Le match est déjà plus ou moins joué, pour les deux têtes d’affiche. C’est vrai que le MRC est souvent brocardé. Maintenant, on a très peu d’élus depuis la fin du Mouvement des Citoyens. Déjà que la gauche est en difficulté, les petits partis de gauche le sont plus encore. La vice-présidente du MRC, Catherine Coutard, sera présente sur la liste LFI. C’est notre seule représentante. Pour moi, avec l’éviction de Djordje Kuzmanovic et François Cocq, LFI dérive vers la mouvance indigéniste et j’ai vraiment du mal à accepter ça. Je sens qu’il risque même d’y avoir une scission au MRC. Mais ce sont les convictions qui priment.

VdH : Que manque-t-il alors finalement pour faire éclore un souverainisme de gauche ?

C.G. : Il y a un problème de visibilité mais il ne manquerait pas grand-chose : il manque un vrai leader charismatique. Jean-Pierre Chevènement va avoir 80 ans. Parfois, on a des penseurs, tel Edgar Morin qui a 97 ans, qui font encore des conférences… Moi, j’apprécie beaucoup le discours de Michel Onfray, il pourrait faire bouger les lignes au niveau médiatique. Mais le pouvoir et ce qui en découle l’ont fait mettre en sourdine. Il passe de moins en moins dans les grands médias nationaux, services publics compris. Cela touche à la démocratie.

Gendarme, vous avez lutté contre ce terroriste infâme
Votre charisme restera pour nous tous un modèle
Nous vous offrons notre reconnaissance perpétuelle
Mon colonel, vous vous appeliez Arnaud Beltrame
(Arnaud Beltrame, parcours ordinaire d’un héros extraordinaire, Christophe Gache)

Quand on veut faire taire quelqu’un, on ne l’invite plus pour qu’il fasse passer des idées. Il existe un fascisme d’extrême droite mais aussi un fascisme financier et libéral tout aussi dangereux. On en est là. Je suis aussi convaincu qu’il y a une police politique qui prend des renseignements sur les gens, qui veut faire taire des voix. Même des petits militants comme moi, car je m’agite un peu au niveau du Gard, j’ouvre ma gueule et j’ai été brocardé par la presse locale. Il y a des journalistes à qui on dit, s’ils sont un peu trop libres, de revenir à la maison et de ne plus bouger. Ça me dérange, dès lors qu’il y a des Drahi, des Lagardère qui passent de l’industrie aux médias.

« Un couple au SMIC ne peut plus vivre décemment alors que le SMIC est un élément de référence. C’est le salaire minimum interprofessionnel de croissance. Mais le mot croissance n’existe plus. C’est devenu le salaire minimum interprofessionnel de stagnation ou… de régression »

VdH : La France traverse une crise politique sans précédent depuis plus de deux mois. Quelle est la position du MRC sur les revendications de fond des Gilets jaunes ?

C.G. : Christian Hutin (député MRC) et Claude Nicolet (maire adjoint de Dunkerque), sont allés sur les ronds points et ont discuté avec des Gilets jaunes. Encore une fois, des peuples ont montré la voie, comme jadis la révolution de velours en Tchécoslovaquie. Il faudrait que le nombre de manifestants soit beaucoup plus important… D’après moi, il y a eu un défaut de méthode. Le fait de ne pas avoir de leader est bien mais peut aussi être négatif. Les choses sont en train de bouger. Il aurait fallu occuper les mairies, les sous-préfectures, les préfectures, pas les brûler mais les occuper pacifiquement et montrer toute la force du peuple. Il aurait fallu des centaines de milliers de personnes pour que ça bouge. Depuis des années, il y a une paupérisation de la population française. Un couple au SMIC ne peut plus vivre décemment alors que le SMIC est un élément de référence. C’est le salaire minimum interprofessionnel de croissance. Mais le mot croissance n’existe plus. C’est devenu le salaire minimum interprofessionnel de stagnation ou… de régression.

« Il faudrait que le nombre de Gilets Jaunes soit beaucoup plus important… Et il aurait fallu occuper les mairies, les sous-préfectures, les préfectures pacifiquement, pour montrer toute la force du peuple »

VdH : Des médias ont servi un traitement partial sur les Gilets jaunes, sur leur identité, en essayant parfois de les « beaufiser ». Certains sujets comme le RIC ou une dose de proportionnelle sont aussi diabolisés. Comment appréhendez-vous cette défiance envers les médias ?

C.G. : Il y a plusieurs types de médias, dont BFMTV qui ont pris fait et cause pour le pouvoir. Et d’autres comme RT France ou des médias plus indépendants voire la presse régionale qui montrent l’actualité sous un angle différent. Pour rebondir sur le RIC, avant d’être passionné par la politique, je suis passionné par l’histoire. Ce qui m’a marqué, c’est la Constitution du 24 juin 1793, qui est la première constitution française à introduire le principe de droits sociaux. Elle a été votée par la Convention mais jamais appliquée. Jean Jaurès disait que c’était la constitution la plus aboutie. On pourrait y revenir en la mettant au goût du jour.

VdH : La Ve République est-elle obsolète selon vous ?

C.G. : La notion du Ve République est désuète. On ne peut plus mettre tout le pouvoir entre les mains jupitériennes d’untel. Beaucoup d’éléments de cette Constitution du 24 juin 1793 ont été repris par la Confédération helvétique en 1848. Je pense qu’il faudrait des députés élus chaque année, un bicamérisme avec un Sénat citoyen et cela aussi revient dans certaines propositions. Il faudrait que le pouvoir législatif soit égal au pouvoir exécutif. Que l’exécutif soit composé d’un conseil de vingt-quatre ministres qui éliraient un chef de l’Etat avec un mandat d’un an. On aurait plus de démocratie participative et directe. Le quotidien des gens serait amélioré et le pouvoir plus à l’écoute des préoccupations des gens.

VdH : Et pensez-vous que le RIC permettrait lui aussi d’injecter plus de démocratie directe ?

C.G. : Je reprends l’exemple suisse, je ne pense pas que la Confédération helvétique soit une dictature, loin de là. Ils soumettent à votation différentes difficultés, problématiques. Les choses tournent bien. Les Suisses sont heureux de leur vie quotidienne. Il y a évidemment d’autres réalités économiques, bien sûr, c’est entendable. Mais je pense que malheureusement on est arrivé à une limite de la Ve République. Comme l’avait dit François Mitterrand de façon prémonitoire : « Après moi, la France sera gouvernée par des financiers et banquiers. » On arrive au bout de cette Ve République. Il faut une VIe République. Pourtant je n’en étais pas convaincu il y a encore quelques années.

« Je reprends l’exemple suisse, je ne pense pas que la Confédération hélvétique soit une dictature, loin de là. Ils soumettent à votation différentes difficultés, problématiques. Les choses tournent bien »

J’en arrive à me dire que certaines belles idées de la Révolution, comme cette Constitution de 1793 et ses 134 articles, seraient à reprendre. La société française ne pourra que s’en porter mieux. Le mouvement des Gilets jaunes, je ne sais quelle forme il va prendre. Mais la paupérisation des classes moyennes – ne parlons pas des classes très pauvres – se poursuit… Un fossé énorme se crée. On va au-devant de problèmes très importants si on ne fait rien en profondeur. Mais tout est fait pour que le système survive. Je ne sais pas. Je me pose beaucoup de questions. Je pense que tout peut venir d’un homme providentiel. Vous allez me dire : « C’est l’esprit de la Ve République ! » mais je crois que les choses doivent bouger sinon cela va tourner au chaos.

Christophe Gache s’inspire aussi bien de Jean-Pierre Chevènement que de José Mujica.

VdH : Je voulais revenir sur l’idée de Sénat citoyen. Des citoyens qui seraient élus… ?

C.G. : Oui voire même tirés au sort. Le bicamérisme est une sauvegarde. Avec une Assemblée nationale aux ordres de l’exécutif, il reste juste le Sénat avec ses petits moyens constitutionnels pour essayer de préserver un semblant de démocratie parlementaire. Un Sénat citoyen pourrait être composé de gens qui veulent s’impliquer, tirés au sort et à la limite juste défrayés des frais.

VdH : Si on admet le tirage au sort, on ne peut pas être certain pour autant que les personnes désignées en aient envie…

C.G. : Sur le principe du tirage au sort, comme pour les cours d’assises, on serait aussi dans une forme de démocratie directe. Mais on pourrait élargir les conditions, on ne va pas obliger les gens. On tire au sort, ceux qui veulent participer participent. Il faut mettre aussi une limite car on a des professionnels de la politique actuellement qui se tiennent les uns les autres.

VdH : Cependant, on ne peut refuser de siéger en cour d’assises, il faut en être exempté. Alors comment faire ?

C.G. : Mais on pourrait élargir les conditions, on ne va pas obliger les gens. Il est « interdit d’interdire », comme on disait en 1968… On tire au sort, ceux qui veulent participer participent. Il faut mettre aussi une limite car on a des professionnels de la politique actuellement qui se tiennent les uns les autres. C’est aussi pour ça que je tape sur les nerfs de certaines personnes car je ne suis pas élu et que rien ne me tient. J’ai encore la liberté de l’ouvrir. C’est une sorte de jeu d’opérette entre des gens qui ont des intérêts et qui ne veulent pas en fâcher d’autres. Cela pourrait donner l’envie aux gens. Aux dernières élections législatives, il y a eu un taux record d’abstention (57,36 % des électeurs inscrits ne sont pas allés voter). Ça pose un problème. De plus en plus de gens sont dégoûtés de la politique et se radicalisent, notamment dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes.

« J’ai une autre référence, c’est José Mujica. On peut le prendre parfois pour un fou mais attention il y a des fous qui sont éclairés et qui ont quelque chose dans les tripes »

VdH : Envisagez-vous de vous confronter de nouveau à une élection ?

C.G. : Oui et non. Dans le village où je vis depuis 2010, je ne retenterai jamais : c’est source de trop de tensions. Mais je n’exclus pas de me représenter dans une élection au scrutin de liste. Souvent les médias donnent la parole aux gros partis. Les petits candidats ne partent pas sur la même ligne de départ. C’est dommage car c’est le règne aussi de l’argent et de la politique. Il faudrait faire exploser tout ça. J’ai une autre référence, c’est José Mujica (ancien Président de la République d’Uruguay) qui était le président le plus pauvre du monde, qui ne se versait que 1 000 euros de salaire sur les 9 000 légalement prévus. Il est un peu comme Jean Lassalle. On peut le prendre parfois pour un fou mais attention il y a des fous qui sont éclairés et qui ont quelque chose dans les tripes. Jean Lassalle ne correspond pas vraiment à mon positionnement politique mais sa grève de la faim, de nombreux socialistes et communistes ne l’auraient pas faite. Hors clivages habituels, certains sortent du lot. Mais le problème, c’est ce lien entre finance, politique, argent, qui confisque la démocratie.

VdH : Vous êtes l’auteur d’un recueil de textes poétiques : Poèmes, Valeurs et République. Pouvez-vous nous en parler plus précisément ?

C.G. : « Le Jardin républicain » a été publié dans la Gazettes de Nîmes. Ensuite, j’ai écrit 30 autres poèmes, dont 20 qui sont des poèmes biographiques, sur des personnalités éclectiques, de Philippe Séguin à José « Pépé » Mujica, de Jacques Parizeau à Michel Onfray, sur Michelle Bachelet, etc. La difficulté est de se faire publier. Il y a aussi des droits d’entrée, comme en photographie. Un apprenti-mannequin doit payer pour faire un book et ensuite quand on est connu, c’est l’inverse, ce sont les agences qui paient pour faire les photos. En écriture, il faut mettre la main à la poche. Moi je ne veux pas que ça me rapporte de l’argent, ni que ça m’en coûte. Je vais peut-être m’adresser à certains élus à qui je pourrais proposer ça. Comme la commémoration de la disparition d’Arnaud Beltrame. J’ai envoyé un texte à quelques élus locaux. Je vais mettre ça en avant car il y a des valeurs à défendre et sur le mode du poème, c’est peut-être plus facile que la prose. La littérature et la politique sont liées. S’exprimer, c’est difficile, alors le faire de manière poétique, avec un message fort à faire passer, ça peut être une bonne initiative.

Entretien réalisé par téléphone le 18 janvier 2019.

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