Florian Philippot peut-il faire oublier son passé politique à travers Les Patriotes ?

Le parcours de Florian Philippot au FN a été celui d’un homme qui a tenté de transformer la ligne classique lepéniste en une ligne sociale-souverainiste. Après une rupture médiatisée avec le parti de Marine Le Pen, l’ancien numéro 2 tente de tracer une nouvelle route politique avec son parti Les Patriotes. Mais quelles sont ses chances d’y parvenir ?

Créé en mai 2017, le mouvement Les Patriotes de Florian Philippot s’est transformé depuis septembre en parti politique qui revendique officiellement 5 000 adhérents. Sur Twitter notamment, ses militants sont très actifs, en majorité jeunes, parfois même étudiants. Leur manière de tweeter est aussi révélatrice de la volonté de Florian Philippot de faire table rase de son passé politique au FN. En effet, certains sujets reviennent très fréquemment : la protection animale, le dumping social et le droit du travail en général, l’écologie, la critique de l’UE et de l’européanisme, le Frexit (sujet résolument laissé de côté par Marine Le Pen). Bref, la ligne sociale-souverainiste chère à l’ancien numéro 2 du FN. On peut même voir quelques tweets sur le mariage pour tous, notamment pour critiquer la droite traditionnelle LR.

Des messages sur la sécurité, l’islamisme et l’immigration, bien sûr, il y en a, mais de façon beaucoup moins frénétique et monomaniaque qu’au FN. Et des souverainistes de gauche se sont depuis quelques temps déjà aussi emparés de ces sujets avec fermeté – MRC, Viv(r)e la République, Le Printemps Républicain – justement pour éviter d’en laisser le monopole au FN.

Sur de nombreux sujets, le parti de Philippot tend carrément à prendre LR sur sa gauche, notamment sur la question sociale. On peut ainsi s’interroger sur le fond de ce parti : s’agit-il ni plus ni moins des idées fermement ancrées dans l’esprit politique de Florian Philippot depuis des années mais qu’il ne pouvait imposer à un FN juché sur ses positions ou y’a-t-il aussi une part de stratégie politique ? Un peu des deux sûrement. Dans tous les cas, le parti cherche – en plus de ses opinions sur l’UE – à bouleverser le clivage gauche-droite en faisant des thèmes sociaux et environnementaux des sujets-phare. Le but semble clair : créer un parti transpartisan en brouillant les lignes traditionnelles. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui ont poussé Alexandre Bardon, 26 ans, à adhérer aux Patriotes il y a deux semaines. Passé par plusieurs partis européanistes – l’UDF, le MoDem, l’UDI et LR – le jeune homme estime que « le clivage gauche-droite désuet n’existe plus, c’est maintenant un clivage européistes-souverainistes ». Une opinion partagée par un autre militant des Patriotes, Erwan Colson. Tout juste majeur, celui-ci explique son engagement par un sursaut politique le matin du vendredi 21 septembre : « Je regardais Florian sur France 2 et au moment où il nous a annoncé qu’il quittait le Front National, je me suis tout de suite rendu sur le site du mouvement pour prendre ma carte. Je me souviens même ne pas avoir attendu qu’il termine d’expliquer son départ pour adhérer ! » Lui non plus ne se reconnaît pas dans le clivage gauche-droite qu’il qualifie de « système hors d’âge ».

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Florian Philippot a quitté le FN le 21 septembre 2017 (© Frédérick Florin, Archives AFP)
L’homme mal-aimé au FN

Face à cet enjeu politique de parti transpartisan qui veut échapper à l’ombre du FN, plusieurs arguments peuvent œuvrer en faveur et défaveur de Florian Philippot. Tout d’abord, il est l’homme qui a choisi de partir, de quitter le FN, celui qui a pris les devants et peut donc revendiquer des divergences devenues irréductibles. Le fait d’être éjecté officiellement d’un parti pourrait certes donner une image de victime (ce qui peut aussi jouer en la faveur d’un politique) mais lui ôte toute possibilité d’affirmer qu’il a voulu activement suivre une autre ligne politique et donc se détacher du parti en question, en l’occurrence le FN. De plus, Florian Philippot peut apparaître comme l’homme qui a tenté durant des années de transformer un parti d’extrême-droite, verrouillé par une famille et héritier d’idées identitaristes et racialistes. Dans ce cas-là, même si certains pourraient dire « il ne fallait même pas tenter de modifier pareil parti », le leader des Patriotes peut, par son passage au FN, souligner l’éternel népotisme du parti ainsi que l’inexorable ligne classique lepéniste. Que Florian Philippot ait été l’oreille et l’influence de Marine Le Pen, qu’il ait été le numéro 2 a ravivé les luttes intestines du FN. Ces luttes internes, Erwan Colson les a ressenties même s’il n’a fait qu’un passage express de trois semaines au FN avant de rejoindre Les Patriotes. C’est une autre raison qui l’a poussé à s’engager dans le parti philippotiste. « Des cadres comme Gilbert Collard, Robert Ménard, ou encore Louis Aliot voulaient clairement un retour au Front de papa, c’est-à-dire le Front tel que le voit Jean-Marie Le Pen et je ne pouvais accepter cela », juge-t-il.

Le fondateur des Patriotes, par sa modération voire son ouverture sur des sujets comme le mariage homosexuel et son refus de la peine de mort, et par son l’obstination sur le sujet de l’UE, était devenu minoritaire, l’homme à abattre dans son propre camp.

« Certes, le parti frontiste avait, sous son influence, suivi un chemin eurosceptique mais avec Les Patriotes, Florian Philippot fait du Frexit un cheval de bataille, à l’image de l’UPR. Ils sont d’ailleurs les deux seuls partis en France à proposer d’aller aussi loin sur ces sujets »

Cette différence de ligne est une autre cause de l’adhésion des militants. « Je ne voulais pas m’engager au FN car le nom Le Pen et l’ombre de Jean-Marie Le Pen planent sur le parti sans compter l’aile droite xénophobe, homophobe voire raciste, ce qui ne correspond pas du tout à mes idées », affirme ainsi Alexandre Bardon.

Les thèmes sociaux et ceux de l’Union Européenne, de l’indépendance de la France, de l’atlantisme, du Frexit constituent des points divergents avec le FN. Certes, le parti frontiste avait, sous son influence, suivi un chemin eurosceptique mais, avec Les Patriotes, Florian Philippot fait du Frexit un cheval de bataille, à l’image de l’UPR de François Asselineau. Pour Erwan Colson, ce sujet a aussi été essentiel dans sa décision d’adhérer aux Patriotes : « Pour moi la souveraineté nationale, la question de l’UE passe en premier […] Le parti [ndlr : le FN] en est même arrivé à renier ses propositions quant à la souveraineté de la France, abandonnant la sortie de la zone euro pourtant essentielle pour que nous puissions retrouver le plein exercice de l’outil monétaire et ainsi relancer l’économie. Les cadres du Front National préfèrent ne parler que de l’immigration et de l’identité, il n’y a qu’à regarder les profils Twitter de ces derniers : ils sont inondés de tweets à ce sujet. » Même son de cloche chez Alexandre Bardon, chez qui le sujet de l’UE a été déterminant dans son départ de chez LR : « Les idées des Républicains étaient trop européistes. »

Des thématiques transpartisanes

En dépit de sa longue aventure au FN, Florian Philippot a toujours poussé dans le sens de sa ligne sociale-souverainiste, ce qui lui permet de se mettre en porte-à-faux des thèses racialistes qui ont toujours persisté dans ce parti. En quittant le FN pour le suivre, ses militants symbolisent la rupture idéologique qu’il y a toujours eu au sein du parti. Tony Ageron, 22 ans, a été adhérent six ans au FN, de 2011 à 2017, c’est-à-dire en même temps que Florian Philippot. Comme Erwan, le 21 septembre, il s’est encarté chez Les Patriotes au moment de la démission de l’ex-numéro 2 du FN : « Je pense être resté fidèle à mes convictions en suivant Florian, je soutenais la ligne dite ‘Philippot’ au Front National, la sortie de l’euro et une Europe des nations libres et indépendantes. »

Chez lui non plus les thèmes sécuritaires et identitaires ne sont pas ceux qui le font vibrer. La mise en avant de sujets transpartisans est d’ailleurs probablement un point positif pour le nouveau parti de Florian Philippot. Encore une fois, sous son influence, le FN critiquait bien les délocalisations et le dumping social mais de manière relative, et surtout sans parvenir à faire oublier le cœur des idées, fondé sur le racialisme. On note par exemple une mise en exergue, sur les comptes Twitter des Patriotes, du thème de la protection animale. Sujet qui semble également important pour les militants comme Erwan qui se dit « amoureux inconditionnel de la nature et des animaux ». Ce faisant, le parti n’entend pas laisser ce sujet finalement peu couvert à des partis de gauche, la France Insoumise étant un des rares partis que l’on a pu entendre sur le sujet. Avec des propositions telles que l’interdiction de la chasse à courre ou des animaux sauvages dans les cirques, Les Patriotes se détournent d’un FN qui n’allait pas assez loin dans la lutte pour la préservation des espèces. Pour Alexandre Bardon, « Les Patriotes ont une ligne sociale beaucoup plus présente, ils abordent des sujets qui tiennent à cœur au peuple français, écologie, défense des animaux ».

« Des cadres comme Gilbert Collard, Robert Ménard, ou encore Louis Aliot voulaient clairement un retour au front de papa, c’est-à-dire le front tel que le voit Jean-Marie Le Pen et je ne pouvais accepter cela » (Erwan Colson, adhérent Les Patriotes)

Sur d’autres registres, un récent article des Echos « Les Patriotes, un programme copié-collé sur le FN ? » examine les points communs avec le parti frontiste mais cite maladroitement à l’appui, des sujets qui sont aussi défendus à l’extrême gauche ou chez des souverainistes de gauche type MRC : « Ils sont également similaires sur le plan de la fiscalité (augmenter les taxes sur les hauts revenus), la santé (tous deux veulent favoriser l’accès aux soins et lutter contre les déserts médicaux), l’emploi et l’école. »

Un autre argument, empirique cette fois, peut être avancé pour faire oublier le passé politique de Florian Philippot : bien des politiques ont déjà changé de parti et ont réussi à faire taire un engagement passé qu’ils critiquent aujourd’hui. Jean-Luc Mélenchon par exemple, qui apparaît comme la principale force d’opposition au macronisme, qui a pris depuis longtemps le PS sur sa gauche, en dépit d’une aile gauche qui a tenté de faire entendre sa voix (Aurélie Filippetti, Arnaud Montebourg, Benoit Hamon). Pourtant, lui-même a été membre du PS de 1976 à 2008. On peut aussi citer l’exemple de François Asselineau qui a été un temps membre de l’UMP, qu’il a quitté pour fonder l’UPR. Son départ équivaut là aussi à un changement de ligne politique : n’acceptant pas le libéralisme et l’abandon des thèmes populaires d’une partie de l’UMP, il a fait le choix de créer un parti ouvertement souverainiste. Le cas de Guillaume Peltier peut aussi être cité mais de manière plus relative : tour à tour membre du FN, du MNR de Bruno Mégret et du MPF de Philippe de Villiers, il a finalement rejoint l’UMP en 2009. Il est aujourd’hui vice-président du groupe LR à l’Assemblée Nationale.

 « Le départ du maire de Brachay Gérard Marchand est un symbole, à la fois positif et négatif. Positif en ce qu’il détrousse le FN d’un village enraciné dans le vote frontiste qui pouvait servir d’exemple politique, et négatif en ce qu’il ne permet pas à Florian Philippot de se départir de son passé au sein du FN. »

Toutefois, cet argument du passage par un autre parti est à modérer dans le cas de Florian Philippot. Tout simplement car l’étiquette FN est beaucoup plus difficile à faire oublier que celle de partis tels que l’UMP ou le MPF, de par les idées, valeurs et propos tenus par Jean-Marie Le Pen, ainsi que l’histoire même du parti et la présence de groupuscules identitaires en orbite autour de ce dernier. On pourrait donc arguer que Florian Philippot aurait pu faire reposer son choix sur un autre parti que le FN, voire créer son propre parti plus tôt. S’ajoute à cela l’éternel argument de la diabolisation du FN même si ce dernier tend à s’éroder sans pour autant disparaître (en effet, la diabolisation empêche toujours électoralement le FN d’accéder au pouvoir mais pas de finir second). Tony Ageron est conscient de cette difficulté : « Je pense que la meilleure chose à faire est tout simplement d’aller de l’avant et de tourner la page Front National. Nous souhaitons l’ouverture quand ils sont sectaires. De plus, avec le départ de Florian, le FN n’a plus de programme, sauf son chapitre sur l’immigration, ceci est leur seul véritable combat depuis 45 ans et ce point n’a jamais changé, c’est une obsession chez eux, la priorité n°1. »

La viabilité des Patriotes

Le fait que certains membres des Patriotes soient eux-mêmes d’anciennes « figures » connues du FN peut se révéler à double tranchant. On pense surtout au récent ralliement de l’ancien maire FN de Brachay, Gérard Marchand. L’information est presque passée inaperçue car le village en question ne compte que 50 habitants. Mais, et c’est là l’important, le FN y faisait sa rentrée politique et remportait 90 % des suffrages. Avec le départ du maire du FN chez Les Patriotes, le vote du village va-t-il lui aussi basculer ? Autrement dit, peut-il y avoir un mouvement de militants ou soutiens FN vers le parti de Florian Philippot ? Seules les prochaines élections le diront. Le départ du maire de Brachay Gérard Marchand est donc un symbole, à la fois positif et négatif. Positif en ce qu’il détrousse le FN d’un village enraciné dans le vote frontiste qui pouvait servir d’exemple politique, et négatif en ce qu’il ne permet pas à Florian Philippot de se départir de son passé au sein du FN.

De plus, contrairement à François Asselineau ou Guillaume Peltier, Florian Philippot a joué un rôle extrêmement important et était numéro 2 de son parti. François Asselineau n’a jamais eu une place prépondérante à l’UMP, pas plus que Guillaume Peltier au FN, au MPF ou au MNR. Florian Philippot est resté au FN de 2011 à 2017. Toutefois, ce n’est pas tant le nombre d’années que le poste occupé qui peut lui être reproché.

FILE-Exclusive Marine Le Pen in Brachay
Gérard Marchand et Florian Philippot le 3 septembre 2016 à Brachay (© Alain Robert/SIPA)

Un autre désavantage, relevant plus de la viabilité politique, pourrait toucher Les Patriotes. Il s’agit de sa place dans le jeu politique et de sa capacité à faire élire des députés, ainsi que des maires et autres élus locaux. Tout parti souverainiste de petite ou moyenne taille, de gauche comme de droite (MRC, UPR, DLF, MPF) aura toujours les mêmes difficultés à exister. DLF, par exemple, qui revendique 15 000 adhérents, compte un seul député (Nicolas Dupont-Aignan), six conseillers départementaux, un conseiller régional et soixante maires. Le MRC quant à lui recenserait environ 6 000 adhérents mais compte tout de même quarante maires, sept conseillers départementaux, trois conseillers régionaux et un député (Christian Hutin). Le MPF de Philippe de Villiers n’est plus représenté à l’Assemblée Nationale mais compte encore quinze maires, trois conseillers régionaux et un conseiller départemental. Enfin, bien que le terme souverainiste se discute pour la France Insoumise dans son entièreté, cette dernière affirme dans tous les cas un souverainisme économique. Mais elle ne peut être placée dans les petits et moyens partis et, bien qu’elle n’ait été confrontée pour l’instant qu’aux élections présidentielles et législatives, elle compte déjà dix-sept députés et un candidat (Jean-Luc Mélenchon) arrivé quatrième à la dernière présidentielle.

Le mythe de l’alliance des souverainistes

Se pose donc, après l’interrogation sur la viabilité politique des Patriotes, l’éternelle question de l’alliance transpartisane des souverainistes. Et c’est là que le bât blesse. Plusieurs rapprochements ont été ébauchés entre ces partis sans déboucher sur une union concrète. Le soutien – bien que vite repris – de Nicolas Dupont-Aignan à Marine Le Pen semble avoir enterré toute possibilité – si tant est qu’une telle possibilité ait réellement existé – d’union de DLF avec d’autres partis souverainistes qui refusent tout compromis avec le FN. Et la proposition de main tendue de Florian Philippot à Jean-Luc Mélenchon cet été s’est conclue par un refus net du leader de la FI, sous l’injure de « fasciste ». En 2015, Jean-Pierre Chevènement avait aussi amorcé un rapprochement dans le but de créer une grande coalition qui irait de Jean-Luc Mélenchon à Nicolas Dupont-Aignan[1], alliance une fois encore étouffée dans l’œuf : si le chef de DLF avait semblé se réjouir d’une pareille perspective, Jean-Luc Mélenchon avait là aussi mis un frein au projet [2].

Ainsi, si l’on souhaite se montrer optimiste, on peut toujours envisager, dans l’absolu, une alliance comme l’a fait Alexis Tsipras et Syriza avec le petit parti de la droite souverainiste ANEL, dans un but commun de politique anti-austérité. Si l’on souhaite se montrer réaliste, alors une telle union des souverainistes en France semble peu probable, de par l’impossibilité pour ces partis de passer outre leurs divergences sur l’immigration, la laïcité, le communautarisme. Si Syriza et ANEL ont mis de côté leurs différences dans une stratégie électorale qui va au-delà de certaines de leurs idées, il y a peu de chances que cela se réalise en France, d’où la question de l’isolement potentiel des Patriotes et du perpétuel éclatement des souverainistes. Il serait moins irréaliste de se poser la question d’un rapprochement avec DLF ou l’UPR mais le silence médiatique à l’égard de ce second parti constitue aussi un obstacle politique.

Toutefois, seules des élections et une observation du jeu politique – discours, prises de position, rapprochements ou alliances avec d’autres partis souverainistes – pourront donner quelques clés de compréhension envers ce nouveau parti.


Notes :
[1] L.H. (avec AFP), « Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan vers un rapprochement », europe1.fr, 16 juin 2015.
[2]« Mélenchon dit non à Chevènement pour ne pas s’afficher avec Dupont-Aignan », lejdd.fr, 1er septembre 2015.

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